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02.05.2008

L’homme de la nouvelle ère

« Je n’ai jamais pu ou su réunir assez de forces ou de passions pour faire qu’elle (la France) devienne différente, comme je la voulais »… écrivit Jean-Jacques Servan-Schreiber dans le plus révélateur de ses livres, « Passions »…

Français par naissance et aspiration, prussien par filiation, américain par admiration, tel était l’homme. Passionné de modernité et d’organisation. Il ne concevait le journalisme, devenu le métier familial, qu’engagé. A fond. Dans tous les combats du siècle…

Il savait faire partager ses passions. C’était l’une de ses qualités : entraîner. Faire donner à chacun le meilleur de lui même…

Les grands politiques sont hommes de décisions, certes, mais aussi de compromis. Ils savent jouer avec le temps, s’en faire un allié. Lui, il galope…

Il ne s’intéressait qu’aux priorités. Les gens ont généralement des priorités A, B et C : pour lui, il n’existait que des A. Et il faisait preuve d’une incroyable capacité de concentration, ce qui le rendait très efficace. Il avait aussi une largeur de vues étonnante, une capacité à inscrire chaque projet dans un contexte plus large, celui de la nation ou de l’Histoire…

« Le siècle qui vient sera celui des femmes », à ses yeux « plus ouvertes, plus sensibles, plus travailleuses que les hommes. Plus capables aussi d’anticiper l’avenir »…

Il fallait être avec lui ou contre lui. Il n’y avait pas de position intermédiaire. Il vous admettait dans son clan, mais si vous remettiez en question une seule de ses actions, vous étiez exclu…

Il vous obligeait à prendre votre indépendance, car il ne supportait pas les trop fortes personnalités à ses côtés…

C’était un chef solitaire…

Son dernier combat était un grand combat… La maladie, la pire des maladies, si l’on peut dire, pour un homme comme lui, celle qui porte le nom d’Alzheimer, a eu raison de lui. Mais il nous laisse ce message capital : « L’homme de la nouvelle ère n’a pas pour destin de se reposer »…

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