12.05.2008

L’année bissextile et le privilège des jeunes filles

Les jeunes filles savent elles que dans beaucoup de pays d’Europe, elles avaient le droit, les années bissextiles de demander la main du jeune homme qui leur plaisait ?

Cette coutume fut transformée en loi. Au temps ou la reine Marguerite régna sur l’Écosse, le parlement rendit un arrêt qui ordonnait que n’importe qu’elle fille, fût elle de haute ou de basse condition, aurait la liberté pendant les années bissextiles, de proposer le mariage à l’homme de son choix. Si ce dernier refusait de l’épouser, il devrait, suivant son rang ou son état, verser à la fille une indemnité pouvant aller jusqu’à « deux mille cinq cent francs ».

Cet arrêt ne resta pas lettre morte, et plusieurs procès ayant été plaidés, l’indemnité fut très souvent payée. Toutefois c’était, pour l’homme récalcitrant, une très bonne excuse de prétendre qu’il était déjà fiancé au moment ou il avait reçu l’aimable proposition de la plaignante.

Un peu plus tard de semblables lois furent promulguées par différents États de l’Europe. A Gênes, notamment, on compta en 5 ans, 863 jugements rendus contre des hommes ayant décliné la proposition d’unir leur vie à celle des jeunes filles qui le leur avaient offert.

Mais cet us est beaucoup plus ancien, car dans une très vielle chronique angle-saxonne, antérieure à la conquête de l’Angleterre par les Normands, on peut lire : « Cette année étant bissextile, les femmes proposeront le mariage et si elles ne sont pas agrées, elles réclameront de qui les refuse une robe nouvelle ».

Source : Journal « Le Département » du 15/03/1912